Denis Emorine – Valses tristes

Les Valses tristes (Collection «Perseide», Éditions Ars Longa, 2016) que le réputé dramaturge, poète et prosateur Denis Emorine nous propose dans les pages suivantes constituent une radiographie de la condition humaine, un parcours existentiel presque initiatique qui guide le lecteur parmi les méandres d’une humanité altérée par une réalité accablante qui échappe parfois à toute capacité de compréhension.

valses-tristes

Les treize textes qui articulent l’architecture de ce livre (La consultation, Le rendez-vous, Les Sabines, La robe, Cette nuit-là, Francesco, Jusqu’à la prochaine fois, Shtiler, Au château, Un bon petit garçon, Chez Tigris, Le livre et Un hapax) courts et concis, presque tous écrits à la première personne, ce qui leur confère un air de confession, révèlent des drames plus ou moins consciemment assumés par des personnages dont les parcours existentiels peuvent être continués ou recomposés par le lecteur.

Crédibles et profondément humains, les protagonistes de ces récits fraternisent sous la plume de l’auteur omniscient en recomposant les troubles de l’homme de nos jours hanté par les ombres de l’histoire ou bien par ses propres angoisses.

L’écrivain de La consultation et de La robe, Laura de Francesco, le vieux Abel/Jean-François de Shtiler, Rosen de Chez Tigris tout comme les autres héros des récits de Denis Emorine sont des victimes, les victimes de l’histoire, objective ou subjective, qui leur dicte le comportement et qui fait de la peur ou de la honte – comme dans le cas de M. Chafert (Un bon petit garçon) – des sentiments dominants qui déterminent leur parcours existentiel parfois dédoublé (le vieux Abel qui se fait appeler Jean-François, Monsieur Schaeffert qui se fait appeler Chafert).

Le dédoublement, le jeu permanent entre le réel et l’irréel qui caractérisent les nouvelles réunies dans ce livre, deviennent le liant et la pierre angulaire qui soutiennent une partition narrative d’exception dont les notes graves offrent une perspective amère mais lucide sur la vie où l’absurde et le gratuit peuvent faire tant de fois la différence entre la vie et la mort (Un hapax, Le livre).

Fin observateur de la psychologie humaine, Denis Emorine structure magistralement ses récits autour de l’idée de manque, de perte, d’absence aliénante qui dé­séquilibrent, qui provoquent des réactions étranges, même irrationnelles dans ses personnages dont les valses tristes suscitent des moments de méditation sur la fragilité de la nature humaine.

© Christian Tămaș

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Despre Christian Tamas

Orientalist, Writer, Translator (8 foreign languages: Arabic, French, English, Italian, Spanish, Portuguese, Irish, Catalan), Arts and Humanities Researcher
Acest articol a fost publicat în écrivains français, contemporary literature, dramaturges français, French literature, literatură franceză contemporană, littérature française, poètes français și etichetat , , , , , . Pune un semn de carte cu legătura permanentă.

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